« C’est l’autre, il ne comprend rien ! »

Dans les entreprises, les managers se heurtent souvent à des subordonnés qui n’agissent pas comme l’a demandé le manager. Leur conclusion la plus courante est de mettre le comportement du subordonné en cause, que ce soit sa mauvaise volonté, son manque de motivation ou ses capacités.

Et cela va se traduire par une mise en retrait du salarié : moins d’exigence, cantonnement dans les tâches simples ou celles qu’il maitrise voire une mise à l’écart. Généralement le résultat est inefficace.

Si en tant que manager, le comportement du salarié me pose problème, à quoi sert de rejeter la responsabilité de ce résultat sur le salarié ?

On constate deux types de réaction des managers, certains se plaignent « il ne comprend rien ! », « avec lui c’est pas possible ! » et ils baissent leurs exigences ; d’autres mettent en cause directement le subordonné et, la personne se sentant attaqué, cela déclenche des mécanisme de protection néfastes à une communication saine et à l’obtention du résultat souhaité.

Est-ce cela qui permettra d’améliorer la situation ?

Au contraire, ce rejet de la responsabilité sur l’autre est une justification qui tend à me soustraire à ma propre responsabilité. Autrement dit, c’est moi qui ai le problème, je suis dérangé par la situation, et j’attends que l’autre change pour résoudre mon problème.

Sommes nous conscient de l’incohérence de notre fonctionnement ?

 

Comment avoir une attitude efficace ?

La clé de l’efficacité est d’agir sur ce que nous pouvons changer. Aussi il est efficace de remettre en question son propre fonctionnement, et, dans ce cas, notre propre demande. La communication a-t-elle été comprise ? Ais-je vérifié sa décision d’agir ? A-t-il les moyens de le faire ?

Se rendre responsable de la compréhension par l’autre de ce que l’on lui demande permet d’établir une demande qui tient compte de la personnalité, de l’expérience, du vécu et du référentiel mental de l’autre. Chaque personne a son référentiel et comprend ce qu’il vit à travers son propre référentiel que l’on peut appeler « vision du monde ».

Initialement ma demande est formulée selon ma vision du monde pas celle de mon interlocuteur, or il l’entend dans sa vision du monde. Donc si je souhaite que l’autre comprenne ma demande pour qu’il agisse, c’est à moi de l’adapter dans sa vision du monde.

En conséquence si je veux être efficace, j’arrête de rendre responsable les autres, je me considère responsable de la compréhension de ma demande par l’autre. Cela nécessite d’une part d’écouter l’autre pour comprendre sa vision du monde, et non d’analyser à travers ma propre vision pour répliquer. D’autre part, de choisir une formulation de ma demande que je crois efficace, et si cela ne fonctionne pas de la modifier pour adapter la formulation à la vision du monde de l’autre, de manière itérative, jusqu’au moment où il comprend ma demande.

 

En conclusion, certes je ne suis pas responsable de l’autre, de ce qu’il est, de ce qu’il vit, de sa vision du monde ; il en est le seul responsable, et il est le seul à pouvoir décider de changer.

Mais j’ai le choix de rendre efficace mon comportement en me considérant responsable de la compréhension par l’autre de mes demandes. Et plus généralement si une situation me dérange, c’est efficace d’en prendre sa part de responsabilité et d’agir pour provoquer un changement positif.

C’est à chacun de choisir de devenir acteur de sa vie plutôt que subir les situations.

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Sociologie – La nouvelle fièvre : la macronite

La macronite, nouveau phénomène politique, et fièvre qui contamine tant les médias que
le public, s’est construite sous la conjonction de deux formes issues de comportements
humains bien connus.

Une première forme chronique incarnée par Bayrou qui consiste à promouvoir et soutenir
tout leader en train de gagner pour s’approprier une partie du pouvoir et bénéficier d’un
poste.
On retrouve sous l’étiquette du macronisme des personnes ayant des positions
opposées, anciens adversaires politiques socialistes et députés de droite.
Quant aux personnes issues de la société civile, la ruée en vue des investitures indique
que l’opportunisme prime sur l’adhésion à la doctrine, doctrine et valeurs très récemment
partagées sur internet sans réellement être mise à l’épreuve ne serait-ce qu’à l’échelon local. En
outre on peut noter qu’investis par En Marche, peu sont connus de leurs électeurs dû à
une absence d’un engagement public ou social préalable.
Ce ne sont donc pas les convictions qui les réunissent, mais plutôt la soif du pouvoir ou
l’instinct de survie pour sauver leurs positions.

Une seconde forme plus nouvelle et dangereuse, forme positive de l’abstentionnisme,
incarnée par des électeurs conformistes qui considèrent l’abstention comme un laisser
faire. Ils choisissent un candidat non pas pour ce qu’il est – on ne peut pas vraiment le
connaitre au vu d’un engagement public si court et de l’élaboration d’un programme si
flou et si tardif; car ce choix est essentiellement une réaction et un refus des autres propositions.
De même que l’abstention n’est par une tendance politique capable de conduire le pays, et
regroupe des positions inconciliables, les électeurs ayant voté Macron ont très peu de
convictions communes si ce n’est la nécessité ou le désir du changement.
Le non-choix d’un axe politique, et le regroupement autour du choix de changer pour changer ne
peut faire que des mécontents et déplacer les débats du Parlement vers la contestation
dans la rue.

Cela atteste pour les politiques que l’engagement ne se fait plus pour le bien public mais
pour l’obtention d’avantages personnels; et confirme que pour le peuple, la réflexion et la
pensée sont de moins en moins utilisées au profit du « prêt à penser » dispensé par les
médias.
Ce n’est plus la raison et le débat qui est au commande, ce sont les instincts et l’émotion.
Nous quittons la démocratie pour entrer dans la démon-cratie.

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« Je suis Charlie » : Du dogmatisme au terrorisme

janvier 15, 2015 Laisser un commentaire

Les évènements du 7 au 9 janvier 2015, assassinats à Charlie hebdo, meurtre d’une policière à Montrouge, exécutions de 4 clients de confession juive à la Porte de Vincennes, par des terroristes se réclamant de l’islamisme radical ont bouleversé la France et amené cette mobilisation de la population à manifester pour la défense des libertés fondamentales que sont la liberté de la presse, la liberté de pensée et la liberté religieuse, et la défense du vivre ensemble.

Cela nous interpelle pour comprendre comment dans notre démocratie de tels évènements peuvent arriver. On entend de part et d’autre des autorités ou des représentants des communautés de ne pas faire d’amalgame entre terroriste islamiste radical et islam, que ce sont des personnes isolées, comme si ce phénomène, cette dérive, procédait d’une génération spontanée sans causes particulières.

Quand on suit l’actualité on constate que dans le monde des personnes sont tuées, déplacées au nom d’interprétations religieuses de certaines communautés. Ces massacres et déportations se font entre musulmans, entre chrétiens et musulmans, musulmans et juifs, certains étant victimes, d’autres pouvant être victimes ou persécuteurs.
Et dans l’histoire de notre pays, ce même phénomène s’est produit au nom du Christ du XIème au XIXème siècle : commençant par les croisades, puis l’inquisition, et les guerres fratricides entre catholiques et protestants, jusqu’à l’évangélisation forcée des peuples des territoires conquis ; et au nom des valeurs des Lumières : la colonisation armée de peuples considérés comme primitifs. Et l’on peut constater tout au long de l’histoire, dans d’autres régions du monde, les mêmes pratiques.

Quel phénomène amène des hommes à violenter d’autres hommes? Le dogmatisme
Une des causes fondamentales qui font que les hommes se dressent les uns contre les autres et imposent leur manière de penser est le dogmatisme. Un dogme est une affirmation considérée comme fondamentale, incontestable et intangible par une autorité politique, philosophique ou religieuse. Le dogme peut s’assimiler à une vérité révélée dans le sens où elle ne peut être discutée, confrontée aux faits, ni être mise en doute. Si vous croyez, vous êtes croyant, membre de la communauté, orthodoxe et votre devoir est de faire du prosélytisme ; si vous ne croyez pas, vous êtes incroyant, hors la communauté, personne à amener de gré ou de force dans l’orthodoxie.
Le dogmatisme devient dangereux quand il pousse les hommes à ne considérer leur vision du monde qu’au travers de ce spectre. La conviction personnelle fondée sur ses croyances s’impose à tous comme unique vision du monde.

Et nous devons être d’une extrême prudence, le dogmatisme traditionnellement présent dans des mouvements religieux qui se radicalisent, peut apparaitre aussi dans des « écoles philosophiques », dans les cercles scientifiques.
Face à cette menace, une réponse possible est de considérer que nous ne connaissons qu’une faible partie de la réalité et de la vérité et de pratiquer le doute permanent sachant que les connaissances de demain remettront en question inéluctablement les certitudes d’aujourd’hui. Adieu les dogmes que l’on impose, reste nos croyances personnelles, qui ne sont vrais que pour nous, au fond de notre cœur.

De la violence au terrorisme
La violence radicale ne nait pas de rien. La violence est un mécanisme fondamental de défense de l’individu quand ses valeurs, sa raison d’être, son existence même est mise en danger. C’est donc une protection ultime.
Dans la formation d’une société cette protection est prise en charge par l’organisation sociale qui assure les fonctions de police, de défense nationale et de justice. En contrepartie de cette protection qui au fil des siècles a inclus l’éducation et un minimum de protection sociale assurée par l’Etat ou le Prince, les individus aliènent leur liberté de se défendre et de se faire justice acquérant de ce fait la citoyenneté, c’est à dire l’appartenance au corps social.

Le terrorisme ne peut se développer qu’à partir du moment où des personnes rompent cette allégeance au profit d’une autre allégeance.
Aussi, quand cette autre allégeance se fait au profit d’une communauté dogmatique, les nouvelles valeurs et croyances vont se trouver en conflit avec celles partagées dans le corps social. Les personnes qui ont rompu avec le corps social et adhèrent à une communauté dogmatique vont considérer qu’il est plus important de répondre aux croyances, injonctions et règles de la communauté de leur choix qu’à celles du corps social.
Il est évident que toutes ces personnes ne passeront pas à l’acte, cependant elles alimentent un tissu social qui fait le lit du terrorisme, qui le justifie, voire qui l’encourage.

En plus du dogmatisme, un certain nombre d’abandons ou de reculs favorisent l’éclosion de ces communautés en rupture avec le corps social : la dévalorisation de l’enseignement et le recul de l’éducation ; les difficultés économiques bouchant l’avenir des plus démunis, les maintenant au chômage et mettant en panne l’ascenseur social ; le laxisme des gouvernants et des citoyens face aux attaques de nos valeurs et le manque de concertation dans les évolutions sociales.
Dans ces conditions, il se trouvera toujours des personnes pour passer à l’acte, recruté, encouragé par des réseaux, séduit par l’action, par l’interdit ou par l’intensité, pensant se réaliser ou être utile à leur cause.
Le terrorisme n’est que l’aboutissement, pas le processus.
Le terroriste n’est que le symptôme pas la maladie.

Nous remettre en cause
Ne faisons pas d’amalgame, mais soyons lucide et arrêtons de dire que ce n’est que le fait de personnes en déshérence.
Certes le phénomène est mondial, mais que cela ne nous empêche pas de prendre à notre niveau conscience des changements que nous pouvons effectuer.
Et cette réflexion, cette remise en cause, concerne notre aptitude à la tolérance et à la lutte contre les dogmes imposés d’où qu’ils viennent. A ce titre Charlie hebdo par son ton irrévérencieux à beaucoup œuvré en ce sens.
De même, les religions et les fidèles de celles-ci, y compris les islams, devraient se remettre en cause pour préciser leur corpus de croyances en leur donnant un sens en adéquation avec les valeurs fondamentales de la démocratie.

Cette remise en cause concerne aussi notre capacité à être solidaire des plus démunis et à faire ce que nous pouvons, à titre individuel, pour renforcer le lien social.
Elle concerne aussi notre capacité, en tant que citoyen, à peser sur les décisions politiques pour faire émerger une société dans laquelle l’éducation et l’enseignement soient des piliers respectés, dans laquelle le partage économique soit plus juste et que les écarts de richesse se réduisent, que chacun progresse plus par le mérite que par son origine, que les citoyens soient plus associés aux décisions qui les concernent ; en bref que le fonctionnement de notre société soit plus en conformité avec les valeurs de la République.
Faisons donc en sorte que notre société soit attractive et capable de garder en son sein ses enfants quelque soit la communauté dont ils sont issus.

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Le Message de Steve Jobs

Steve Jobs (1955-2011) vient de disparaître, il n’est certainement pas l’homme de génie que les médias décrivent, il n’a fait aucune invention, il est un homme remarquable qui a su influer sur son époque. Par sa vision, en associant la simplicité, l’efficacité et le beau dans ses produits, il a touché non seulement ceux qui sont devenus les clients d’Apple, mais aussi ceux qui n’ont jamais franchi ce pas. Plus que sa réussite d’entrepreneur c’est son charisme qui a transformé notre époque.

Je voudrais vous faire partager son message.

« Vous devez découvrir ce que vous aimez » Steve Jobs

Voici le texte que Steve Jobs, le PDG d’Apple et des studios d’animation Pixar, a lu à des lycéens le 12 juin 2005.

« C’est un honneur pour moi d’être avec vous aujourd’hui, en ce début de votre première année d’études universitaires. En ce qui me concerne, je n’ai jamais passé mon bac. À vrai dire, j’en serais encore bien incapable aujourd’hui. C’est pourquoi j’ai choisi de vous raconter trois histoires tirées de ma vie. C’est tout.

La première histoire concerne le fait de relier entre eux les points, comme dans un dessin-devinette.

J’ai abandonné le lycée de Reed au bout de six mois, mais je suis resté dans l’établissement en tant que candidat libre environ 18 mois de plus avant de le quitter définitivement. Alors pourquoi ai-je décroché ?

Ça a commencé avant ma naissance. Ma mère biologique était une jeune lycéenne célibataire, et elle a décidé de me faire adopter. Elle désirait très fort que je sois adopté par des gens qui aient leur bac ; tout était donc organisé pour que je sois adopté dès ma naissance par un avocat et sa femme. Sauf qu’au moment où je suis sorti, ils ont décidé à la dernière minute qu’ils désiraient vraiment une fille. Alors mes parents adoptifs, qui étaient inscrits sur une liste d’attente, ont reçu un coup de fil au milieu de la nuit : « Nous avons un garçon que nous n’attendions pas ; vous le voulez ? ». Ils dirent : « Bien sûr ». Ma mère biologique découvrit plus tard que mes parents adoptifs n’avaient jamais eu leur bac. Elle refusa de signer les papiers d’adoption définitifs. Elle ne s’y résigna qu’après plusieurs mois, quand mes parents lui promirent que j’irai un jour au lycée.

Et 17 ans plus tard, j’allai au lycée. Mais j’ai naïvement choisi un lycée excessivement cher, et toutes les économies de mes parents ouvriers passaient dans les frais de scolarité. Après six mois, je n’en voyais pas l’intérêt. Je n’avais aucune idée de ce que je voulais faire de ma vie, et aucune idée de la manière dont le lycée allait m’aider à l’imaginer. Et je dépensais là l’argent économisé par mes parents durant toute une vie ! Alors j’ai décidé de laisser tomber et d’avoir confiance dans le fait que tout allait bien se passer. C’était un peu effrayant à l’époque mais, rétrospectivement, c’est l’une des meilleures décisions que j’aie jamais prises. Dès l’instant où j’abandonnais, je pouvais cesser de suivre les cours qui ne m’intéressaient pas, et suivre ceux qui paraissaient intéressants.

Ce n’était pas vraiment tout rose. Je n’avais pas de chambre, alors je dormais dans des chambres de copains, à même le sol. Je ramenais les bouteilles de Coca consignées pour m’acheter à manger, et je traversais chaque dimanche soir les cinq kilomètres de ville qui me séparaient du centre des Hare Krishna, pour manger mon seul bon repas de la semaine. J’adorais cette vie. Et tout ce sur quoi je suis tombé en suivant ma curiosité et mon intuition s’est révélé extrêmement précieux plus tard. Voici un exemple :

À cette époque, le lycée de Reed proposait probablement le meilleur cours de calligraphie du pays. Dans tout le campus, chaque affiche, chaque étiquette était magnifiquement calligraphiée à la main. Comme j’avais abandonné et n’étais pas tenu d’assister aux cours obligatoires, j’ai décidé de suivre un cours de calligraphie pour apprendre à faire ça. J’ai tout appris sur les caractères typographiques, sur les espaces variant en fonction des lettres, sur ce qui fait qu’un typo est super. C’était beau, historique et d’une subtilité artistique qu’aucune science ne pouvait capter, et je trouvais ça fascinant.

Rien de tout cela ne portait en soi le moindre espoir d’application dans ma vie. Mais 10 ans plus tard, lorsque nous étions en train de concevoir le premier Mac, cela m’est revenu. Et nous avons mis toutes ces données dedans. Ce fut le premier ordinateur à afficher une belle typographie. Si je n’étais pas tombé sur ce cours au lycée, le Mac n’aurait jamais eu ces caractères multiples ou ces espaces proportionnels entre les lettres qui font sa qualité d’affichage. Et comme Windows n’a fait que copier le Mac, il est vraisemblable qu’aucun PC n’aurait connu cette qualité typographique. Si je n’avais pas abandonné le cursus normal, je n’aurais jamais atterri dans ce cours de calligraphie, et les ordinateurs n’auraient jamais eu la qualité typographique qu’ils ont. Bien sûr, c’était impossible de rejoindre les points du dessin-devinette quand j’étais encore au lycée. Mais c’était très facile et clair 10 ans plus tard.

À nouveau, vous ne pouvez pas relier les points en regardant devant ; vous ne pouvez les relier qu’en regardant en arrière ce qui s’est passé. Vous devez donc faire confiance dans le fait que les points se connecteront d’une manière ou d’une autre à l’avenir. Vous devez faire confiance à quelque chose : vos tripes, le destin, la vie, le karma, peu importe. Cette approche ne m’a jamais quitté, et c’est ce qui a fait la différence dans ma vie.

Ma deuxième histoire concerne l’amour et la perte.

J’ai eu de la chance : j’ai découvert ce que j’aimais faire très tôt dans ma vie. Woz (NdT : son associé) et moi avons démarré Apple quand j’avais 20 ans. Nous avons travaillé dur et, en 10 ans, Apple avait grandi, à partir de nous deux dans le garage de mes parents, jusqu’à devenir une société à 2 milliards de chiffre d’affaires et 4.000 employés. Nous venions de sortir notre plus belle création (le Mac) un an plus tôt, et je venais d’avoir 30 ans. Et je me suis fait virer. Comment peut-on être licencié d’une société qu’on a fondé ? Et bien, à mesure qu’Apple grandissait, nous avons embauché quelqu’un dont je pensais qu’il était très talentueux pour diriger la société avec moi, et pendant la première année à peu près, les choses se sont bien passées. Puis nos visions de l’avenir ont commencé à diverger et, finalement, nous avons rompu. Alors, notre conseil d’administration s’est mis de son côté. À 30 ans, je fus donc viré. Et d’une manière très publique. Ce qui avait été le centre d’intérêt de toute ma vie adulte disparaissait, et cela eut sur moi un effet particulièrement dévastateur.

Pendant plusieurs mois, je ne sus vraiment pas quoi faire. Je sentais que j’avais laissé tomber la génération précédente d’entrepreneurs ; que j’avais laissé tomber à terre le relais qu’on m’avait passé. J’ai rencontré David Packard et Bob Noyce, en essayant de m’excuser de m’en être si mal tiré. J’étais devenu un échec public, très public, et j’ai même pensé quitter la vallée (NdT : Silicon Valley). Mais quelque chose commença à s’éveiller lentement en moi : j’aimais toujours ce que je faisais. La tournure des événements chez Apple n’avait en rien modifié cela. J’avais été rejeté, mais j’étais toujours amoureux. Alors j’ai décidé de recommencer.

Je ne le voyais pas à l’époque, mais le fait d’avoir été viré d’Apple était la meilleure chose qui pouvait m’arriver. Le poids de la réussite était remplacé par la légèreté d’être à nouveau un débutant, moins sûr de tout. Cela m’a libéré et m’a permis d’entrer dans une des périodes les plus créatives de ma vie.

Durant les cinq années qui suivirent, j’ai démarré une société appelée Next, une autre appelée Pixar, et je suis tombé amoureux d’une femme étonnante qui est devenue mon épouse. Pixar en est venu à créer le premier film d’animation de synthèse du monde, Toy Story, et est maintenant devenu le studio d’animation le plus réussi du monde. Dans un retournement de situation remarquable, Apple a acheté Next, je suis revenu chez Apple, et la technologie que nous avions développée chez Next est au cœur de la renaissance actuelle d’Apple. Et Laurene et moi avons fondé une famille magnifique.

Je suis absolument certain que rien de tout cela ne serait arrivé si je n’avais pas été viré d’Apple. Ce fut un médicament au goût exécrable, mais je reconnais que le patient en avait besoin. Parfois, la vie vous frappe à la tête avec une brique. Ne perdez pas foi. Je suis convaincu que la seule chose qui m’a permis de continuer, c’est que j’aimais ce que je faisais. Vous devez découvrir ce que vous aimez. Et c’est vrai aussi bien pour le travail que pour la vie amoureuse. Votre activité professionnelle va occuper une grande partie de votre vie, et la seule manière pour vous d’être satisfait, c’est de faire ce que vous pensez être un super boulot. Et la seule façon de faire du super boulot, c’est d’aimer ce que vous faites. Si vous ne l’avez pas encore trouvé, continuez de chercher. Ne vous tassez pas, ne vous installez pas. Comme tout ce qui a trait au cœur, vous saurez quand vous l’aurez trouvé. Et, comme toute belle relation, elle s’améliore au fil des ans. Alors continuez de chercher jusqu’à ce que vous ayez trouvé. Ne vous arrêtez pas.

Ma troisième histoire traite de la mort.

Quand j’avais 17 ans, j’ai lu une citation qui ressemblait à ça : « Si vous vivez chaque jour comme si c’était le dernier, vous découvrirez un jour que vous avez eu raison de le faire ». Cela m’a fait grande impression et, depuis 33 ans, j’ai regardé chaque matin dans le miroir en me demandant : « Si c’était le dernier jour de ma vie, est-ce que je ferais ce que je me prépare à faire aujourd’hui ? ». Et à chaque fois que la réponse est « non » pendant trop de jours d’affilée, je sais que je dois changer quelque chose.

Me souvenir que je mourrai bientôt est l’outil le plus important que j’aie rencontré pour m’aider à faire des choix importants dans ma vie. Car presque tout, toutes les attentes extérieures, la fierté, la crainte d’être dans l’embarras ou d’échouer, tout cela s’effondre en face de la mort, ne laissant que ce qui est vraiment important. Vous souvenir que vous allez mourir est la meilleure manière de ne pas tomber dans le piège de croire que vous avez quelque chose à perdre. Vous êtes déjà à poil. Il n’y a donc aucune raison de ne pas suivre votre cœur.

Il y a environ un an, on m’a diagnostiqué un cancer. J’ai passé un scanner à 7h30 le matin, il mettait clairement en évidence une tumeur au pancréas. Je ne savais même pas ce que c’était qu’un pancréas. Les médecins me disaient que c’était certainement un type de cancer incurable, et que je ne devais pas espérer vivre encore plus de trois ou six mois. Mon toubib m’a conseillé de rentrer chez moi et de mettre de l’ordre dans mes affaires, ce qui est un langage codé des médecins pour dire de se préparer à la mort. Cela signifie qu’il faut essayer de dire en quelques mois à vos gosses tout ce que vous pensez devoir leur dire dans les 10 prochaines années. Cela signifie qu’il faut s’assurer que tout est bouclé pour que les choses se passent aussi bien que possible pour votre famille. Cela signifie qu’il faut faire vos adieux.

J’ai vécu toute la journée avec ce diagnostic. Dans la soirée, j’ai subi une biopsie, un endoscope dans la gorge jusqu’aux intestins, une aiguille dans le pancréas pour prélever quelques cellules sur la tumeur. J’étais anesthésié mais ma femme, qui était là, m’a dit que, lorsqu’ils ont visualisé les cellules au microscope, les médecins ont commencé à pleurer car il se trouvait que c’était une forme très rare de cancer du pancréas qui était curable par intervention chirurgicale. J’ai été opéré et maintenant je vais bien.

Je n’ai jamais été aussi près de la mort, et j’espère que j’en ai encore pour quelques décades. Ayant vécu cela, je peux maintenant vous dire ceci avec un peu plus de certitude que lorsque la mort n’était pour moi qu’un concept utile mais purement intellectuel :

Personne ne veut mourir. Même les gens qui veulent aller au paradis ne veulent pas mourir pour s’y rendre. Et pourtant, la mort est une destination finale que nous partageons tous. Personne n’y a jamais échappé. Et c’est très bien ainsi, car la mort est certainement la plus belle invention de la vie. C’est l’agent de changement de la vie. Elle dégage l’ancien pour faire de la place au nouveau. Aujourd’hui, le nouveau, c’est vous. Mais un jour ou l’autre, dans pas si longtemps, vous deviendrez progressivement l’ancien et serez dégagés. Désolé de l’aspect dramatique, mais c’est vrai.

Votre temps est limité, alors ne le gaspillez pas en vivant la vie de quelqu’un d’autre. Ne vous laissez pas piéger par le dogme, qui est le résultat de la pensée de quelqu’un d’autre. Ne laissez pas le bruit des opinions des autres submerger votre propre voix intérieure. Et, le plus important, ayez le courage de suivre votre cœur et votre intuition. Ils savent déjà ce que vous voulez devenir. Tout le reste est secondaire.

Quand j’étais jeune, il existait une revue étonnante qui s’appelait Le Catalogue de la Terre Entière, qui fut l’une des bibles de ma génération. Elle avait été créée par un type nommé Stewart Brand, pas loin d’ici, et il lui avait donné sa touche poétique. C’était à la fin des années 60, avant la PAO, et elle était fabriquée à la machine à écrire avec les ciseaux et le Polaroid. C’était une sorte de Google en papier, 35 ans avant Google : bourré d’idéalisme, ainsi que d’outils et de notions super intéressants.

Stewart et son équipe ont sorti plusieurs numéros du Catalogue de la Terre Entière puis, quand il a eu fait son temps, ils ont sorti un numéro final. C’était au milieu des années 70, et j’avais votre âge. Au dos de la couverture du dernier numéro, il y avait une photo d’une route de campagne prise tôt le matin, le genre de route où vous feriez du stop si vous étiez d’un tempérament aventureux. En dessous, il y avait ces mots : « Ayez toujours faim. Restez fou ». C’était leur message d’adieu. Ayez toujours faim. Restez fou. Et c’est ce que je me suis toujours souhaité. Et maintenant, à vous étudiants qui débutez, je vous le souhaite.

Ayez toujours faim. Restez fous.

Merci beaucoup à vous tous. »

Que dire de plus sinon que je nous souhaite à tous d’entendre son message et de vivre pleinement notre route.

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De l’exercice de sa Responsabilité à … l’Influence (2ème partie) : Notre influence sur le monde

En étant clair sur nos objectifs, en agissant en responsable c’est à dire en choisissant les options qui nous rapprochent de notre objectif, nous avons vu, dans un précédent article,  que nous avions la possibilité de changer le monde à notre niveau, c’est le prélude à l’influence. Notre pouvoir tient à notre intégrité ; sommes nous prêts à mettre tout en œuvre pour atteindre notre objectif ? Celui-ci est-il suffisamment  important pour que nous soyons capables de tout sacrifier pour l’atteindre ? Lorsque nous agissons de la sorte, notre exemplarité et notre courage ont le pouvoir de donner à d’autres l’envie de réaliser, eux aussi, leur objectif ; et quand ils reconnaissent notre objectif comme le leur, l’impact devient collectif.

L’exemple de la Tunisie

Les évènements récents dans le monde arabe montrent que cette influence existe. Qui avait prévu cette remise en question des gouvernements bien en place depuis des années ?  Qui avait vu venir ce vent de changement passant par delà les frontières ? Or tout a commencé en Tunisie par le refus de se soumettre d’une seule personne. Elle a exprimé son refus, individuellement, en s’immolant par le feu, le refus de plier face à l’injustice du système en place. Il a considéré que ce qu’il défendait était plus important que sa vie. Et le message a été entendu et ce refus a été relayé et amplifié par des centaines de milliers de personnes se reconnaissant et adoptant la même attitude de refus. Certains vous expliquent que c’est le fait d’internet, or internet fonctionne dans  ces pays depuis plusieurs années sans que cela n’ait déclenché un quelconque mouvement de contestation de cette ampleur, et le monde n’a pas attendu internet pour que des révoltes éclatent. Non, ce sont les personnes, fortes de leurs convictions et de leurs aspirations, qui ont fait souffler le vent de révolte qui a renversé le système Ben Ali en Tunisie.

Ce souffle de révolte a ouvert la voie à l’Egypte puis à toute la région où des gouvernements autocratiques oppriment leurs peuples. La valeur de l’exemple a rendu aujourd’hui possible ce que tous hier jugeaient impossible. La réussite des autres, le fait de constater que ce que l’on croyait impossible ne l’est, pas rend tout à fait crédible des objectifs et des aspirations que l’on estimait utopiques.

Chacun peut être porteur d’influence.

N’oubliez pas que ces évènements transnationaux sont partis d’un refus individuel. A partir du moment où l’homme croit que ce à quoi il aspire est possible et que sa motivation lui fait dépasser ses peurs, il a la capacité de réaliser ses espoirs s’il y met toute son énergie. Et le plus souvent lorsque nous cherchons d’abord le bien collectif avant notre propre intérêt, nous ne nous retrouvons pas seuls, d’autres ont les mêmes attentes, les mêmes espoirs et il suffit souvent d’une étincelle pour que la motivation de chacun prenne le pas sur les peurs qui paralysent l’engagement. Chacun à notre niveau, nous pouvons être cette étincelle pour notre entourage.

Pourquoi l’influence ?

Et dans notre vie quotidienne, souvent bien loin des grands mouvements de l’histoire, nous avons l’opportunité d’influencer le monde à notre niveau si modeste soit-il.

Dans un monde où tout est lié, où le battement d’aile d’un papillon à un bout du monde peut provoquer un changement important à l’autre bout de la planète, prenons conscience qu’une petite influence peut entrainer des changements significatifs. Nous sommes tous reliés par des réseaux, et en quelques liens nous pouvons être en contact avec des milliers de personnes, partager nos idéaux, et planter une graine de changement.

L’exemplarité et l’intégrité sont le cœur de notre influence ; ce ne sont pas nos discours qui entrainent l’adhésion, c’est la cohérence de nos actes et leur clarté qui influencent les autres. Et cette influence quand elle est en ligne avec les préoccupations des autres, quand elle n’a pour but que le bien commun, quand elle respecte les principes de la Vie, alors cette influence trouve un écho chez l’autre et se développe en suivant la progression géométrique propre aux réseaux.

C’est comme un phénomène de résonnance, notre vibration, quand elle est juste, entre en résonnance avec les autres et cette résonnance s’amplifie au fur et à mesure de sa propagation.

 

Nos peurs et le prix à payer nous freinent.

Le plus souvent nos peurs nous empêchent d’agir et de croire à notre réussite et à notre impact, le doute s’installe. Et quand bien même nous les dépassons et sommes décidés à agir, nous ne sommes pas toujours prêts à en payer le prix. Nous considérons trop souvent que les efforts et les sacrifices que nos aspirations demandent dépassent ce que nous sommes prêts à consentir. Et nous gardons nos aspirations comme un idéal inaccessible en attendant que les autres opèrent le changement auquel nous aspirons et nous nous étonnons ou nous sommes révoltés que rien n’évolue selon nos vœux. Aussi, lorsque nos aspirations nous apparaissent comme prioritaires, nous devons évaluer l’équilibre entre le résultat et le prix à payer puis choisir d’agir en y mettant notre énergie, ou de ne pas agir en  acceptant la frustration.

La pratique de l’influence.

La mise en pratique de l’influence est basée sur quatre principes qui ne concernent que soi-même et son propre comportement.

–       Etre intègre et agir en toutes circonstances selon ses valeurs et ses principes

–       Agir pour les autres avant d’agir pour soi.

–       Etre exemplaire : ne rien exiger des autres que l’on ne s’applique à soi-même.

–       Accepter le prix à payer pour favoriser l’émergence de nos aspirations quand celles-ci nous paraissent fondamentales.

C’est une discipline intérieure et permanente et plus notre engagement à appliquer ces principes augmente, plus notre influence grandit.

A chaque fois que nous rencontrons une personne respectant ces principes, nous sentons une vibration en nous-mêmes, une attirance, une envie de vibrer et de faire vibrer.

Nous avons tous le pouvoir de devenir des êtres d’influence.

Quand allons-nous décider d’utiliser ce pouvoir ?

De l’exercice de sa Responsabilité à … l’Influence (1ère partie)

janvier 31, 2011 Laisser un commentaire

Le 11 janvier, je regardais l’émission « Fric, krach et gueule de bois : le roman de la crise » dans laquelle Daniel Cohen économiste et Erik Orsenna romancier, tentaient d’analyser les évènements qui ont conduits à la crise actuelle qui bouscule la stabilité de notre monde occidental. J’étais sidéré d’entendre les analyses  qui mettaient en évidence les symptômes et surtout qui cherchaient à l’extérieur les causes comme si nous n’étions en rien responsables de ce qui est arrivé. La crise des sub-primes serait due aux courtiers sans scrupules, la bulle des nouvelles technologies et  la spéculation  boursière, aux traders  uniquement préoccupés par leur bonus ; la fragilité des banques, et l’effet domino entre elles seraient liés à leur volonté de faire du profit en mettant sur le marché des produits spéculatifs que personne ne comprend. En bref la recherche du profit de quelques uns a déséquilibré notre monde.

Sommes-nous les victimes innocentes du système ou notre responsabilité est-elle engagée?

Certes il y a des causes systémiques dans la crise que nous vivons, la déréglementation et par exemple pour la crise financière l’arrêt de la séparation entre banque de dépôt et banque d’affaires. De même l’émergence en tant que producteurs de biens des pays en voie de développement assure le développement économique de leur population, augmente leur influence dans les échanges mondiaux et en contre partie diminue l’attractivité de certains de nos produits et de la localisation des centres de production dans la zone occidentale. Cela veut-il dire que ce que nous vivons est totalement le résultat du système et quoique nous fassions, rien n’en aurait pu changer le cours ? Sommes-nous le produit d’un déterminisme résultant du système ? Peut être mais alors qui pilote le système ?

Ce que je constate c’est que nous participons tous par nos comportements à alimenter la crise. En effet nous regrettons de voir les usines se délocaliser de l’Europe vers l’Asie et la perte des emplois qui en résulte, et dans le même temps nous achetons les produits fabriqués dans les usines d’Asie quand nous avons encore le choix d’acheter des produits fabriqués dans notre région N’avons pas nous-mêmes alimentés la spéculation boursière en nous laissant séduire par des promesses de gains rapides et en privilégiant des produits à risque ? Comment condamner la spéculation et vouloir en profiter ? N’avons-nous pas tendance à vouloir un monde avec moins de pollution et le maintien des conditions climatiques sans vouloir en assumer les efforts et les changements de comportements drastiques que cela nécessite. Nous nous comportons comme si nous demandions aux autres de changer pour pouvoir maintenir notre propre confort. Prenons conscience que nous avons le choix et que ce choix, notre comportement individuel à un impact. Chacun de nous a sa responsabilité engagée. Que faisons-nous  personnellement pour que notre monde soit vivable ?

 

Nous sommes responsables donc soyons proactif !

Aussi il est vain de faire des analyses qui concluent sur un changement de comportement des autres. De même nous perdons notre temps et notre énergie quand notre analyse nos amène à attendre que les gouvernants, les entreprises, les décideurs institutionnels prennent les dispositions permettant de sortir de la crise. S’ils le font, tant mieux et s’ils ne le font pas, n’attendons pas pour agir.

La seule action responsable est de prendre en charge notre vie et d’agir en conséquence, c’est à dire de manière proactive. Comme j’estime que ce qui arrive me concerne et est pour moi un problème, je réfléchis aux options qui sont à ma portée, je choisis celle qui me semble la plus efficace et en adéquation avec mes valeurs puis j’agis selon ma décision. Et je suis attentif aux conséquences, j’ai le choix de mes actes, par contre je n’en maîtrise pas les conséquences, car celles-ci ne dépendent pas de moi mais des interactions du système dans lequel j’agis et des principes qui régissent la vie et le monde. Si je choisis mes actes, je ne peux qu’assumer les conséquences de ceux-ci. Si je n’ai pas obtenu ce que je visais, autrement dit si le résultat ne me convient pas, de nouveau je réfléchis aux options, je choisis celle qui allie efficacité et intégrité et j’agis suivant ce processus jusqu’à l’obtention du résultat souhaité.

 

Nous avons tous la possibilité de changer le monde à notre niveau.

Commençons par changer modestement notre rapport au monde en prenant à bras le corps notre responsabilité en refusant de nous voir comme une victime et en refusant de nous considérer comme impuissant. Et choisissons d’agir à chaque fois que nous avons envie de critiquer et si nous estimons ne pas pouvoir agir sortons cette préoccupation de notre tête et concentrons nous sur ce que nous pouvons faire pour que notre vie soit meilleure.

 

Etre pleinement responsable de ce qui nous arrive est le prélude à notre influence sur le monde.

 

Dans un prochain article : Notre influence sur le monde

 

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Le Paradoxe de la Réalité

décembre 5, 2010 Laisser un commentaire

L’homme a de tout temps tenté de comprendre son rapport au monde et à son environnement. Dès les premiers temps de l’humanité, il a développé des représentations symboliques, des croyances surnaturelles et religieuses, des réflexions philosophiques et des modèles scientifiques pour donner du sens et combler le vide de son incompréhension des phénomènes et expériences aux quels il était confronté. Nous en avons le témoignage tout au long de la préhistoire et de l’histoire des fresques de la grotte de Lascaux, aux prêches des évangélistes ou des imams.
Nous avons sous les yeux les évolutions permanentes de ce qu’a été la vision du monde, ce qui était considéré vrai hier a été remis en question et de nouveaux concepts, croyances et théories sont considérées définir la réalité d’aujourd’hui.
Nous voyons dans le même temps les peuples, les groupes, les individus se déchirer entre eux au nom de ce qu’ils croient juste, vrai ou réel. La manière de voir le monde est la source de la plus part des conflits et nous avons tendance à penser qu’il y a une Réalité universelle.
De tout temps nous nous posons la question « Qu’est-ce que la réalité ? » en agissant et communiquant comme si elle était intangible.

Que disent les philosophes, la religion et la science ?
Or quand nous lisons les écrits des philosophes et des scientifiques nous pouvons constater que la représentation du monde n’est pas unique mais changeante.
Pour les métaphysiciens grecs la Nature est infinie dans le temps et l’espace, seul un monde qui est structuré est nécessairement fini. Selon Anaximandre la Nature englobe tout ce qui existe et est en perpétuel devenir et elle se structure en des mondes innombrables. Pour Héraclite, si la Nature englobe tout ce qui existe et est en perpétuel devenir, elle se structure en un monde unique qui inclue les contraires le bien et le mal, le juste et l’injuste, la vie et la mort.
Pour Socrate, nous ne connaissons pas la Réalité du monde mais seulement une projection tel les ombres de personnages projetés par les reflets d’un feu sur le mur d’une caverne.
Les religions donnent leur interprétation de la création et des règles du monde par des mythes porteurs de sens et s’efforcent de fournir des réponses donnant du sens aux découvertes de la science.
Les scientifiques n’ont pas cessé de proposer des théories et des modèles censés définir les lois de fonctionnement du monde et de la réalité en les voulant universels et absolus, et chaque fois, face aux faits, ils ont été contraints de revoir leurs théories pour en proposer une plus appropriée.
Même la science qui s’est voulue objective pour décrire et expliquer la réalité donne aujourd’hui deux modèles du monde inconciliables la théorie de la relativité pour la cosmologie et la mécanique quantique pour l’infiniment petit. Doit-on en conclure que nous sommes en présence de deux réalités distinctes ? Et alors à quel niveau se trouve la limite du changement de réalité ou bien la science ne propose-t-elle que des interprétations limitées de la Réalité ?
Je pense que l’homme dans ses créations mentales pour comprendre et donner un sens au monde qui l’entoure a de tout temps interprété la réalité en établissant des lois qui répondent à ce qu’il en perçoit, et en créant des représentations mythiques, religieuses ou philosophiques qui fournissent des réponses pour calmer ses angoisses.

La remise en question de la réalité par la mécanique quantique et les connaissances sur le cerveau
La mécanique quantique dérange notre représentation du monde quotidienne et nous avons du mal à admettre la représentation de la réalité qu’elle nous fournit. Il nous est difficile par exemple d’admettre que la même particule puisse être à deux endroits différents au même instant et qu’elles puissent communiquer à distance. Le décalage entre ce que nos sens nous informent et les connaissances que nous découvrons par des expériences se creusent de plus en plus. Nous vivons comme si la terre était plate, et savons qu’elle est à peu près sphérique ; nous touchons des objets qui nous semblent massifs et savons qu’ils sont constitués principalement de vide…
Et plus nous augmentons notre connaissance de la Réalité, plus nous comprenons que nos sens ne nous donnent qu’une représentation limitée de la réalité et plus grandit l’écart entre ce que nous pouvons percevoir physiquement et ce que nous pouvons comprendre au plan cérébral.
Les recherches sur le cerveau nous apprennent que nous ne sommes pas en contact direct avec le monde physique, mais que nos sens envoient des informations électriques à notre cerveau qui les interprète et qui en établit une représentation. Le cerveau sélectionne les informations que notre corps reçoit en fonction de notre intérêt vital et de nos préoccupations. Et cette sélection passe de plus par le filtre de nos croyances, car nous ne prêtons attention qu’à ce que nous croyons vrai. Ainsi si je crois à un monde extraterrestre, je puis interpréter un objet ou une forme dans le ciel comme un vaisseau spatial là où une personne qui n’y croit pas ne verrait qu’un objet inconnu ou qu’un reflet ou un nuage dans le ciel. De même si je cois que les étrangers sont dangereux, je ne remarquerai de l’étranger qui habite en face de chez moi que les gestes qui me paraissent hostiles.

Et si nous envisagions la Réalité autrement
Et si nous acceptions que ce que nous appelons réalité est simplement notre interprétation de la Réalité.
Et si nous acceptions que nous ne pouvons que partiellement saisir cette Réalité, à travers nos filtres que sont nos connaissances, croyances, intérêts et expériences.

Quelle leçon pourrions nous en tirer ?
Chacun interprète la réalité qu’il vit et donc en conséquence personne ne connaît la Réalité mais n’en détecte qu’un reflet et que celui-ci peut être altéré par nos convictions.
Aussi, si personne ne détient la connaissance de la Réalité, si personne ne sait ce qui est universellement vrai, il est indispensable de communiquer en tentant de comprendre l’autre de son point de vue et de cesser de vouloir convaincre sous le prétexte que nous pensons avoir raison.
L’échange constructif est celui qui partage nos expériences et notre vision du monde, seule stratégie pour s’approcher de la Réalité et vivre, en plus, en bonne harmonie avec les autres.